Pierre Paul Menegoz - Vol en parapente - Apprendre à voler - Coupe Icare - Manuel du vol libre - Le Parapente découvrir et progresser.
 Pierre Paul Menegoz - Vol en parapente - Apprendre à voler - Coupe Icare - Manuel du vol libre - Le Parapente découvrir et progresser.
 

Descente rapide

Face à l’arrivée d’un danger, front, nuage menaçant, possible perte de la visibilité ou forcissement du vent, nous devons pour notre sécurité perdre rapidement de l’altitude. Quels moyens disposons nous pour nous défendre ?

Les différentes techniques de descentes rapide qui s’offrent au parapente présentent, à mes yeux, leurs limites. Qu’il s’agisse d’un taux de chute trop modestes, d’un contraignant apprentissage ou encore ou d’un engagement physique qui n’est pas accessible à tous les pilotes, on reste et restera toujours très vulnérable face à certaines aérologies.

Fuir le danger devient impossible même pour les plus grands champions lorsqu’il est trop tard. Il en est ainsi d’un vent ou d’une ascendance qui, forcissant, nous placent devant des vitesses qui dépassent les limites physiques de nos ailes. Sans même aller jusque là je me rappelle d’une expérience sans grand risques puisque le cumulus en cause était d’une taille modérée et loin de tous relief. Il ne représentait pas de réel danger. Ne voulant en aucun cas me faire happer par ce nuage qu’une généreuse ascendance de 5 mètres/seconde alimentait, j’ai bataillé en 360° engagés sur d’innombrables tours avant de me retrouver épuisé, en vol droit, mais à nouveau très proche de sa base. L’essentiel du terrain gagné vers le bas reperdu le temps d’amortir une ressource sur un tour ! J’en tire la conclusion que nous n’avons pas d’autre choix que de fuir avant le fatidique « trop tard ».

Ainsi orienter sa trajectoire en direction d’une zone potentiellement dégueulante est la première réaction raisonnable. L’utilisation des oreilles, accélérées ou non, est la seule technique qui permette de cumuler un taux de chute dégradé et une finesse utile pour échapper au danger. Encore faut il les mettre en œuvre à temps !

L’anticipation est donc la première force du pilote. Notre sécurité dépend d’une analyse avisée de la masse d’air et de son évolution. Si nous sommes en vol cette analyse doit être révisée en permanence. En amont, notre décision d’engager le vol se prend non seulement suite à la lecture du ciel, mais aussi en connaissance de nos moyens de le fuir. Fameuse capacité à auto-évaluer ses moyens ! Le matériel est aussi un paramètre qui entre dans la décision.

Sinon, pour finir avec une Lapalissade, j’affirme, outre la capacité d’anticiper l’aérologie, que la meilleure arme du pilote pour descendre vite est de pratiquer la technique qu’il maîtrise le mieux dans un secteur qui, pour le moins, n’est pas ascendant et pour le plus est dégueulant. Bons vols. Pierre-Paul

Les petits moyens du parapente pour accélérer sa descente

Pour voler, un parapente consomme en moyenne 1,20 mètre par seconde. Pour descendre plus vite, soit pour abréger un vol soit pour fuir un danger il existe différentes techniques. Chacune d’entre elles possède avantages et inconvénients.

Les oreilles (2,5 à 4 mètres/seconde) doublent ou triplent le "taux de chute" selon les ailes et selon la réduction de l’envergure du parapente que le pilote arrive à obtenir.
- Avantages :
— 1) Faciles à mettre en œuvre ;
— 2) Permettent de voler en s’éloignant d’un danger.
- Inconvénients :
— 1) Ne permettent pas de beaucoup augmenter son "Taux de chute" ;
— 2) Difficiles à conserver sans gants ;
— 3) phases parachutales possibles en cas d’aile usagée, humide ou maladresse du pilote lors de la mise en œuvre ou de la réouverture.

Les oreilles + accélérateur (3,5 à 5 mètre/seconde) sont une solution efficace. Encore faut-il s’y entraîner. Même avantages et inconvénients que les oreilles seules. Il faut y ajouter que le pilotage de l’aile est généralement rendu plus instable en roulis et que le maintient de l’accélérateur sur une longue période nécessite une bonne posture dans la sellette.

Le décrochage aux "B" (entre 5 et 8 mètres/seconde)
- Avantages :
— 1) Faciles à mettre en œuvre et à maintenir longtemps ;
— 2) Taux de chute commençant à devenir efficace.
- Inconvénients :
— 1) Nécessitent d’en faire l’apprentissage et d’expérimenter leur réglage, chaque aile présentant des comportements spécifiques ;
— 2) Risque de phase parachutale en sortie ;
— 3) Usure prématurée de l’aile (déformation du profil) si l’opération est répétée souvent.

360° engagés (entre 5 et 15 mètres/seconde)
- Avantages :
— 1) Accès à des taux de chute très élevés.
- Inconvénients :
— 1) Contraintes physiques fortes et prolongées sur le corps ;
— 2) Contraintes fortes et prolongées sur le matériel ;
— 3) Gros écarts d’efficacité selon le degré d’entraînement du pilote, le modèles et la tailles de l’aile ;
— 4) apprentissage long et délicat en particulier hors milieu sécurisé ;
— 5) Ne permet pas de fuir latéralement une zone ascendante.

360° engagés + oreilles (entre 8 et 15 mètres/seconde)
- Avantages :
— 1) Accès à des taux de chute très élevés ;
— 2) Contraintes physiques moins sévères pour le corps.
- Inconvénients :
— 1) Contraintes fortes et prolongées sur le matériel dont les suspentes du tiers central de l’aile et notamment les A et B ;
— 2) Gros écarts d’efficacité selon le degré d’entraînement du pilote, le modèles et la tailles de l’aile ;
— 3) Apprentissage long et délicat en particulier hors milieu sécurisé ;
— 4) Ne permet pas de fuir latéralement une zone ascendante.

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